Six balles pour un animal

Marla piqua le dernier bout de rumsteak qui restait dans son assiette avec son couteau et l’amena à sa bouche. La viande était tendre et la cuisson parfaite, bien saignante comme elle l’aimait. Elle mastiqua lentement ce dernier morceau pour s’en délecter les papilles.

— Je ne sais pas comment tu fais pour aimer autant la chair.

Hailey avait fini sa salade de pâtes aux légumes depuis deux minutes au moins. Marla l’avait toujours connue végétarienne. Elle s’y était essayée une fois, pour tenter l’expérience, mais cela n’avait duré que deux semaines. Il lui était impossible de rejeter complètement la viande, c’était trop bon pour s’en passer.

— On ira dans le restaurant de ton choix la prochaine fois.

— Je sais, ma belle. C’est juste que je ne comprends pas pourquoi ces tueurs d’animaux n’arrivent pas à cuisiner de bons plats pour nous.

— Les herbivores, tu veux dire ?

— Ils peuvent nous appeler comme ils veulent du moment qu’ils nous préparent quelque chose de comestible. Une vinaigrette, c’est tout ce que je demande moi, une bonne vinaigrette maison pour assaisonner ma laitue.

— Quand on va dans un restaurant végan, je ne vois pas de viande au menu, il faut s’adapter à l’environnement.

— Sauf qu’il n’y a rien de compliqué à préparer une salade verte. Un chef devrait automatiquement proposer ce plat à ses clients, et pas avec une vinaigrette industrielle totalement dégueulasse. Il y a une différence entre ne pas servir un aliment par conviction, et ne pas concocter une simple salade par fainéantise. Ou bien c’est une question d’argent. On veut nous pousser à manger un être vivant parce que ça rapporte plus. Personnellement, ça ne me dérange pas de payer plus cher si ma salade en vaut la peine.

— Ce qui me fascine chez toi, c’est ton empathie pour un bœuf, alors que d’un autre côté, tu es partisane de la peine de mort.

— Si un fils de pute séquestre et torture un enfant, alors il mérite de crever sur la chaise électrique !

Elle avait dit ça en martelant la table du poing. Est-ce que Marla était d’accord avec ses propos ? Plus ou moins. Hailey avait été battue pendant des années par sa mère. Le genre de sévices qui traumatisent un enfant. Elle avait encore les marques sur certaines parties de son corps. Les brûlures de cigarettes, entre autres, étaient encore présentes dans son dos. Elles n’étaient pas visibles grâce à l’immense dragon tatoué sur sa peau, mais Marla les sentait sous ses doigts lorsqu’elle l’enlaçait.

— Je n’ai rien contre le fait de tuer un animal si c’est de la légitime défense, ajouta Hailey. Ou bien si un chat se précipite sous mes roues alors que je suis lancée à quatre-vingt kilomètres-heure, je ne vais pas pleurer sur son sort, c’est un accident, c’est tout, je ne pouvais rien y faire. Mais abattre des milliers d’animaux par jour, à la chaîne, juste pour un plaisir gustatif, j’ai un peu de mal.

Elle se débarbouilla la bouche avec une serviette avant de se lever.

— Le dessert sera peut-être à la hauteur de mes attentes. Si le serveur débarrasse, demande la carte. Je vais me repoudrer le nez.

Elle tapa sa narine droite deux fois avec le bout de son doigt. Elle allait réellement se repoudrer le nez.

Hailey s’éloigna vers les cabinets. Elle portait une robe blanche qui moulait bien son postérieur. Marla adorait la voir rouler des fesses. C’est pourquoi Hailey bougeait son popotin exagérément en s’éloignant. La nuit allait se finir sous les draps, et ça, ça valait plus que n’importe quel restaurant.

Marla était folle amoureuse de Hailey depuis quatre ans déjà. Le reste du monde n’existait pas lorsqu’elle était en sa compagnie. C’était la raison pour laquelle elle ne remarqua qu’à cet instant, alors que Hailey venait de quitter son champ de vision, qu’une mouche volait à travers le restaurant. Elle le faisait peut-être depuis le début du repas. C’était fort possible.

Et puis qu’est-ce que la tapisserie était hideuse ! Les petits défauts du restaurant lui sautaient maintenant aux yeux. Mais tout ça n’avait pas d’importance, Hailey allait revenir et la soirée serait de nouveau parfaite. C’était amusant, en réalité, de savoir qu’Hailey avait ce pouvoir. Sa simple présence suffisait à rendre Marla heureuse.

Qu’est-ce que son cerveau avait bien pu omettre d’autre ? Elle jeta un œil autour d’elle.

La plante verte dans le coin de la pièce avait la pointe des feuilles jaunissante. Au-dessus et plus à gauche, une lampe murale clignotait. Une frite avait été oubliée sur une table parfaitement dressée prête à accueillir de nouveaux clients. Un homme dînait seul quelques tables plus loin. Pourtant, on avait oublié d’enlever le couvert de trop en face de lui.

Sans savoir pourquoi, Marla s’attarda sur cet homme. Il portait un jogging usé et une chemise froissée à moitié ouverte. Ce type l’écœurait sans précisément en connaître la raison. Peut-être ses cheveux gras parsemés de pellicules. Ou bien la façon dont il mangeait sa glace en sortant la langue avant que la cuillère n’atteigne sa bouche. Il avait même de la sauce chocolat dans sa barbe et n’avait pas l’air de vouloir s’essuyer. Marla ressentit un profond dégoût.

Puis, sans prévenir, les mauvais souvenirs s’emparèrent de cette merveilleuse soirée. Des flashs abondèrent dans son esprit. Une odeur de sueur lui monta au nez. Elle entendit ses propres cris fuser dans sa tête. Et ses pleurs. Mon Dieu ses interminables pleurs.

Son estomac se resserra. Elle eut l’impression qu’elle allait régurgiter son repas.

— Est-ce que tout va bien ?

Elle n’avait même pas vu Hailey revenir des toilettes.

— J’ai eu une étrange sensation.

Marla venait de revivre le calvaire de son adolescence. En quelques secondes à peine, cette partie de sa vie qu’elle avait presque effacée de sa mémoire avait jailli comme un éclair dans la nuit. Ça lui arrivait parfois, elle chassait les mauvaises ondes rapidement de son esprit en pensant à Hailey. Pourtant, cette fois était différente. Les souvenirs étaient plus intenses. Comme s’ils étaient remontés à la surface après avoir été enterrés pendant des années.

Une larme avait coulé sur sa joue. Elle l’essuya.

— Quel genre de sensation ? demanda Hailey.

Marla n’avait jamais parlé de ce poids sur ses épaules à qui que ce soit. Même pas à Hailey. Oublier était tout ce qu’elle voulait. Mais il semblait que c’était impossible. Hailey avait le droit de savoir. Aucun secret était la promesse qu’elles s’étaient faite. Ce soir était le moment de se confier. C’était maintenant ou jamais.

— Il y a quelque chose que tu ne sais pas à mon sujet. J’ai voulu t’en parler à plusieurs reprises, mais le courage de me remémorer le passé me manquait.

— Tu m’as déjà raconté ton enfance difficile. Un point qu’on a en commun.

Mais Marla n’avait jamais mentionné Benny Kimble.

— Tu sais que j’ai passé trois ans dans un pensionnat.

Hailey acquiesça tout en lui prenant la main.

— Quand je suis arrivée dans l’établissement, les autres filles n’ont pas été sympas avec moi. La première semaine, j’ai eu droit à des insultes et à des jets de boules en papier. La semaine suivante, elles ont voulu me tabasser dans les vestiaires quand je sortais de la douche. Tu me connais, je ne me suis pas laissée faire. Après quelques coups, j’ai réussi à balancer un crochet du droit à l’une d’elles. Elle s’est étalée par terre et a perdu une dent. Une autre a voulu me mettre un coup de pied, je l’ai arrêté en plein vol et je lui ai balayé son autre jambe avant de lui balancer mon genou en pleine face pendant qu’elle tentait de se relever. Bien sûr, elles étaient plus nombreuses, alors j’ai dérouillé juste après.

— Ne jamais se laisser faire. Si tu te défends, et même si tu perds la bataille, elles réfléchiront à deux fois avant de revenir se prendre des mandales.

— Exact. Et ça a plutôt bien marché même si j’ai dû raser les murs après. L’éducateur avait vu que je restais seule dans mon coin et que les autres ne pouvaient pas me blairer. Du coup, il s’est rapproché de moi. Par pitié je présumais. Il m’offrait des barres chocolatées, quelques fringues et même des clopes. J’avais rien à cette époque-là, alors ses cadeaux étaient les bienvenues. Les autres filles l’appelaient le gros Benny parce qu’il avait un peu de ventre, mais il était plutôt mince en fait. Et puis une nuit, le gros Benny s’est pointé dans ma chambre. Au début je pensais qu’il voulait juste discuter, mais ce n’était pas le cas. Il s’est glissé dans mon lit et m’a enlacé. J’avais quatorze ans, je savais pas quoi faire. Et quelques minutes plus tard, je ne pouvais plus bouger. Il m’avait ligoté les mains sans que je m’en rende vraiment compte et… enfin tu devines la suite…

— J’ai pigé, pas besoin d’en dire plus.

— Ça a empiré ensuite. Très vite ma bouche et ma petite chatte ne lui ont plus suffi. Je crois que ça le faisait bander de me voir souffrir. Il m’arrivait de devoir sécher les cours parce que j’avais trop de mal à marcher. Le gros Benny faisait un certificat médical et les professeurs ne posaient pas de questions. Ils ont fini par me surnommer « la malade imaginaire » car ils pensaient que je feignais. Et comme j’ai fermé ma gueule parce que je n’avais personne vers qui me tourner, le gros Benny a continué de me violer. Ça a duré tout le temps que j’étais là-bas jusqu’à ce que je puisse enfin quitter cet enfer.

Hailey serra les dents.

— Sale enfoiré ! Si un jour on le croise, je lui ferai bouffer ses couilles !

Marla inspira profondément, expira par la bouche et s’enfonça dans son siège.

— Et si je te disais que le gros Benny est assis juste derrière toi ? Deux tables plus loin à côté de la fenêtre en train d’avaler une glace à la vanille.

Hailey se retourna et aperçut le gros Benny.

— Espèce de…

Elle allait se lever, mais Marla l’en empêcha en la retenant par le bras.

— Non. Je dois gérer ça toute seule.

Hailey se maîtrisa. Il y eut un petit silence durant lequel les deux femmes échangèrent un regard complice.

— On s’y prend comment ? demanda Hailey.

Marla déglutit.

— Je sais que tu l’as sur toi. Tu l’emportes toujours dans ton sac.

Hailey hocha la tête.

— Je ne m’en sépare jamais.

— Tu veux toujours quitter cette ville ?

Il n’y avait pas besoin d’expliquer. Hailey avait compris le plan. Marla voulait foncer dans le tas.

— On ne pourra plus faire marche arrière.

— J’en suis consciente.

De toute façon, elles voulaient fuir Gresly Hill. La date de départ serait juste avancée à ce soir. Ce n’était pas plus mal. Une bonne raison pour se tirer sans plus attendre. Tout plaquer, tout laisser derrière, juste prendre la route avec le minimum d’affaires, recommencer à zéro.

— Bien, dit Hailey, je suis partante.

Elle passa une main dans le creux de sa poitrine, plongea deux doigts dans son soutien-gorge et en sortit un sachet transparent. Elle l’ouvrit, enleva d’abord la petite paille en inox puis déposa soigneusement une ligne de poudre blanche de l’autre côté de la table.

Marla porta la paille à sa narine et se repoudra le nez à son tour.

Hailey déposa son sac à main sur ses genoux, attrapa le revolver à l’intérieur et le fit glisser vers sa compagne.

— Il y a six balles dans ce joujou. Utilise-les à bon escient.

Marla s’empara de l’arme et la cacha dans la poche droite de son Perfecto.

— Fais chauffer le moteur et attends-moi devant l’entrée.

Marla se pencha pour lui donner un baiser. Hailey l’embrassa intensément, puis elle se leva pour se diriger vers la sortie.

Le gros Benny se délectait toujours de sa glace à la vanille, il ne leva même pas les yeux lorsque Marla s’approcha.

Elle tira la chaise qui crissa et prit place en face du gros Benny.

— Je peux vous aider ?

Il avait dit cela avec arrogance.

— Je pensais qu’un peu de compagnie te ferait plaisir, répondit Marla.

— Et bien vous vous êtes trompé ! Si tu cherches des clients, le coin de la prostitution est de l’autre côté de la ville.

— Ah oui, j’oubliais, les vieilles chattes ne t’intéressent pas. Toi tu préfères les mineurs. Hein Benny ? Plus c’est jeune, plus tu prends ton pied.

Il ne bougea plus pendant un temps, suspicieux envers la jeune femme. Puis il secoua la tête avant de replonger dans sa coupe de glace.

— Moi, je m’appelle Travis. Je ne connais aucun Benny.

Marla eut presque envie de rire face au mensonge qui ne tenait pas la route, mais le dégoût prit le dessus. Il pouvait tenter de nier, Marla savait qui il était. Benny Kimble le violeur d’adolescentes. Est-ce que lui l’avait reconnu ?

— Tu te souviens de moi ?

— Je vous ai jamais vu de ma vie.

Elle n’en croyait pas un mot.

— Évidemment que tu te souviens de moi.

— Je vous dis que je ne vous connais pas. Vous êtes sourde ou quoi ?

Marla glissa la main dans la poche de son Perfecto et se saisit du revolver. Elle l’amena délicatement entre ses cuisses sans que Benny s’en aperçoive.

— J’ai un peu changé, c’est vrai, mais tu me remets, j’en suis sûr. Tout comme je te reconnais malgré ta barbe et tes rides sur le front. Tu soignais mieux ton apparence à l’époque. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Non, en fait, ne me dis rien, j’en ai rien à foutre.

Le gros Benny semblait agacé. Sa coupe était vide. Il racla le fond énergiquement avec la cuillère, porta le peu de glace qu’il réussit à récolter à sa bouche et fixa la jeune femme.

— Si t’en as rien à foutre, pourquoi tu viens me déranger ?

— Il est l’heure de payer l’addition Benny.

Elle ne parlait pas du repas. Le gros Benny ricana.

— Et t’es venue toute seule ? Qu’est-ce que tu comptes faire ?

— Je ne suis plus une petite fille sans défense, aujourd’hui.

— T’adorais ça, c’est toi qui m’aguichais avec tes habits de putain. T’étais en manque d’affection et t’en redemandais. Comptes pas sur moi pour m’excuser de t’avoir donné ce que tu voulais.

Marla esquissa un sourire forcé. Il venait d’avouer et c’était bien assez pour en finir.

Elle pointa l’arme vers l’entrejambe.

— Oh non, je ne veux pas d’excuses Benny.

Elle arma le chien.

Clic.

Les yeux de Benny s’écarquillèrent. Le bruit qu’il venait d’entendre ne donnait aucun doute sur l’objet que la jeune femme possédait.

— Oui, dit Marla, c’est bien ce que tu crois. Tu vois, je suis venue accompagnée.

Le gros Benny était désemparé. Son regard se porta sur la table, plus précisément sur le couteau que la serveuse n’avait pas débarrassé.

— T’auras pas le temps, lui fit remarquer Marla.

Ils se regardèrent sans bouger. Le calme avant la tempête. Plus rien ne comptait. C’était comme si un voile noir avait englouti le reste du restaurant. Il n’y avait plus aucun son autour. À ce moment précis, il n’y avait plus que lui et elle autour de la table qui les séparait.

Puis d’un coup, Benny tenta un geste rapide.

Son bras se levait à peine que Marla appuya sur la détente. Le coup de feu résonna dans toute la salle. Le gros Benny fit un bond et hurla de douleur. Marla se délecta de la souffrance dessinée sur son visage.

Est-ce qu’elle avait visé juste ?

Elle souleva la nappe et pencha la tête pour vérifier. Il se tenait le genou droit. Elle avait visé à côté, en plein dans la rotule. Mais elle imaginait aisément la douleur en voyant la face de cet enfoiré se crisper.

— Ça te fait mal ?

La question n’était pas anodine. C’était ce qui lui demandait quand il l’a sodomisait contre le mur de sa chambre. Il le faisait en susurrant à son oreille.

— Laisse-toi faire et ça passera tout seul.

Il haletait bruyamment. Ses yeux sortaient de leurs orbites.

— Tu vas finir par aimer ça, petite pute !

Le canon dériva légèrement vers la gauche. Elle arma le chien et appuya de nouveau sur la détente.

Il tressauta lorsque la balle atteignit ses parties génitales. La table branla. La coupe de glace se renversa, roula et tomba au sol où elle éclata en morceaux.

Le gros Benny tomba de la banquette. À plat ventre sur le sol, il poussait des cris aigus sans relâche. Marla se leva, le surplomba et pointa le revolver sur lui. Elle avait sa tête en pleine mire, mais elle se souvint qu’elle avait encore quatre balles.

Utilise-les à bon escient, avait dit Hailey.

Le gros Benny tenta de ramper. Elle baissa l’arme vers la jambe, la gauche car la droite avait déjà été touchée, et n’hésita pas.

La balle transperça la cuisse. Le sang gicla. Le gros Benny hurla et se tordit dans tous les sens pour finir sur le dos.

Marla releva le canon du revolver aussitôt et pressa la détente. Puis elle fit un mouvement rapide, et réitéra l’action. Une balle se logea dans le bras gauche, l’autre atteignit l’épaule droite. Puis elle visa entre les deux yeux. Le gros Benny avait croisé son regard et le soutenait. Ses yeux étaient remplis de larmes. Marla ne ressentit aucune pitié.

— Non… Non…

Le gros Benny la suppliait. Marla arma le chien pour lui montrer son indifférence. Puis elle appuya sur la détente.

La tête du gros Benny vola en arrière et cogna violemment contre le sol. Il avait un trou au milieu du front. Un filet de sang s’en dégagea.

Marla continuait de tirer, mais les chambres du revolver ne contenaient que des douilles vides.

Clic. Clic. Clic.

Elle l’avait fait. Le gros Benny était mort. Le voile noir se dissipa et Marla vit les autres clients se protégeant sous les tables. Une femme pleurait dans les bras de son mari. Une serveuse était collée dos au mur près du bar. Elle semblait paralysée.

Marla voulut dire quelque chose, mais elle ne trouva pas les mots pour les rassurer. Elle rangea le revolver dans la poche de son Perfecto et se dirigea vers la sortie.

La Mercedes l’attendait devant la porte. Marla prit la place côté passager et souffla un bon coup.

— Alors ? demanda Hailey.

— C’est fini pour lui.

— Alors, il n’y a plus qu’à tailler la route !

Hailey monta le son de l’autoradio qu’elle avait mis en sourdine en attendant que le feu d’artifice se termine. Les haut-parleurs crièrent le refrain de Self Care de Mac Miller. Elle passa la première vitesse et enfonça la pédale d’accélération. La voiture démarra en trombe.

Marla aurait dû se sentir apeurée. C’était tout l’inverse. Elle se sentait merveilleusement bien. Hailey était à ses côtés et c’était le plus important. Elles partaient loin pour recommencer une nouvelle vie. Loin des emmerdes. Loin des mauvais souvenirs. Loin de Gresly Hill.


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Merci à Jasper de m’avoir raconté cette nouvelle histoire venue de Gresly Hill !

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